FRA | ENG 0 items

La bourse essoufle et étouffe ma bourse

Publié par Dany Marquis le

On en entend parler à travers les médias depuis les six derniers mois:  le café est en hausse.  Il a même atteint un record avec 2,20$ / lbs.  Ça fait réfléchir toute l’industrie.  Ça fait trembler les coffee junkie.  Aujourd’hui, j’en ai discuté avec deux confrères torréfacteurs de la région de Québec.  On se pose tous la question : «  Vas-tu augmenter tes prix? »  Dans la région de Québec, le café se vend entre 30$ et 40$ le kg.  Le prix suggéré par la Brûlerie du Quai est toujours de 28$ / kg pour sa gamme classique.  Toutefois, j’ai dû monter certaines origines comme le Kenya qui ont presque triplé en l’espace de quelques mois.  Pas d’augmentation en vue pour nous.  On se botte les fesses pour être plus efficaces au lieu de transférer l’augmentation!  On verra jusqu’où on pourra aller.

Tout d’abord, le café est côté à la bourse de New-York (NYSE) et de Londres.  C’est la matière première la plus largement commercialisée dans le monde (le pétrole est le numéro un).  Le commerce du café comporte la négociation de contrats à terme de café. Ces contrats sont standardisés où un prix futur est convenu entre l'acheteur et le vendeur.  De nombreuses variables affectent le prix de base du café vert.  Des facteurs tels que la météo, les conditions politiques, et la spéculation des prix rendent le prix du café extrêmement volatile.

Les quatre principaux négociants en café vert dans le monde sont les Neumann Gruppe GMGH, Volcafé, Cargill et ED & F. Man.  Les quatre principaux fabricants qui dominent le marché du café sont Nestlé, Procter & Gamble, Kraft, Sara Lee.  Notez l'absence de La Brûlerie du Quai…

Un des facteurs importants qui affecte le prix du  café est sa qualité.  L’évaluation de la qualité se fait à l’envers, en calculant le nombre de défauts des fèves.  Les tests ne sont pas faits au niveau de la dégustation à ce stade mais bien visuellement en prenant des échantillons au hasard dans les lots de café vert.  Les évaluateurs analysent 350g de café vert et y notent les impuretés.
Les défauts peuvent provenir d’attaques d'insectes, de fèves mal cueillies ou endommagées, de résidus de feuilles ou de branches, de pierres ou autres débris.  Si vous passez par l’atelier, je vous montrerai comment on analyse les défauts d’un lot.  Il existe cinq classes de café, séparées par le nombre de défauts trouvés dans l'échantillon. Chacune des cinq classes a un prix différent. Ces classes de café sont réparties comme suit:

  • Classe 1. Specialty Coffee - 0-5 défauts
  • Classe 2. Premium Grade - 6-8 défauts
  • Classe 3. Exchange année - 9-23 défauts
  • Classe 4. Inférieur à la norme de qualité - de 24 à 86 défauts
  • La classe 5. Off année - Plus de 86 défauts

Notez ici que la Brûlerie du Quai n’achète que du Grade 1.  Le prix que vous voyez dans les medias, et celui que je fais mention au début est la Classe 3, « C-price ».  Ce grade-là est négocié sur le NYCE (New York Commodity exchange) et est acheté à ce prix, c’est le « commodity price).  Les classes 1 et 2 se vendent plus cher évidemment.  Donc, si le C-price monte, le reste monte.  Quand on parle de « specialty coffee », il y a une augmentation également.

D'autres éléments aident à déterminer le prix du café vert aussi. Par exemple, de nombreux pays classent leur café à l'aide d'un système de triage basé sur la taille de la fève. (Exemple, Kenya, AAA, AA, AB, veut tout simplement dire que les fèves sont plus grosses dans le AAA)  Les cafés cultivés à des altitudes plus élevées sont habituellement plus denses( SHB, HB), de plus grande taille, et ont généralement un meilleur profil de saveur. Bien qu'il y ait une corrélation entre la taille, la densité et la qualité, cette règle souffre de nombreuses exceptions donc la classification basée sur la grosseur de la fève ne devrait être utilisée que pour vérifier si le café est d'une taille uniforme.  Vous pouvez voir la fluctuation du prix du café ici :

http://www.finviz.com/futures_charts.ashx?t=KC

Une fois qu'un prix est déterminé, le café est acheté par contrat, et est exporté à l'acheteur. Si l'acheteur est un courtier en café, le café est revendu aux torréfacteurs. A ce jour, La Brûlerie du Quai utilise le service de courtiers pour importer nos fèves.  Notre volume ne nous permet pas d’importer directement, malgré ce que j’aimerais, le café vert directement du producteur.   Mais j’essaie de voyager aux quatre coins de la terre pour visiter les plantations de café et établir des partenariats.   De cette façon, nous espérons obtenir les meilleurs cafés de la planète à des prix équitables pour les agriculteurs qui les cultivent.  Parce que ne pensez pas que l’augmentation des cafés va dans la bourse des producteurs, ni dans la mienne d'ailleurs...


2 commentaires


  • […] billet est une réponse à un excellent et très intéressant billet de Dany Marquis sur le (nouveau) blogue de la Brulerie du Quai. Dans ce billet, Dany explique […]

    Blogue Osmose Intéractif | RE: @danymarquis @brulerieduquai La bourse essoufle et étouffe ma bourse le

  • Tu devrais consulter ton conseiller financier pour qu’il évalue ta situation en détail et puisse mettre en place une stratégie pour te protéger contre les hausses subites du coût de matières premières…. des solutions peu coûteuses existent et sont utilisées depuis longtemps par les gros conglomérats… Il faut que les PME apprennent à s’en servir elles aussi!

    Andre-F. Landry le

Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approvés avant d'être affichés