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WBC2012 et hockey

Publié par Dany Marquis le

J’ai publié dans la dernière semaine plusieurs liens concernant le WBC2012 (World Barista Championship) qui a eu lieu à Vienne. Malgré mon manque de temps chronique j’ai regardé quelques prestations. Vous pouvez d’ailleurs jeter un œil à la finale ici :

http://new.livestream.com/worldcoffee/WBC2012finals/videos/1493229

Voici les résultats:

1er – Raul Rodas, Guatemala
2e – Fabrizio Sención Ramírez, Mexico
3e – Colin Harmon, Ireland
4e – Miki Suzuki, Japan
5e – Stefanos Domatiotis, Greece
6th – Maxwell Colonna-Dashwood, United Kingdom

En regardant les performances, on se rend compte de l’évolution de l’industrie du café dans le monde. Dans les années précédentes, la patinoire était surtout occupée par des baristas, propriétaires de coffeeshop indépendants, qui ont permis l’émergence de ce qu’on a appelé le 3rd wave. Les compétitions étaient dominées par les Américains soutenus par les torréfacteurs spécialisés. L’industrie du café a fait des pas de géants en donnant le goût à des milliers de personnes d’embrasser cette voie et d’ouvrir un café avec l’amour et la passion resentis en regardant ces maniaques de café. La voie était pavée et nous avons été nombreux à suivre cette route.
Mais voilà que cette année, on peut prévoir une tangente différente qui s’avère très intéressante. Pour la 2e année consécutive ,  un barista issu d’un pays producteur de café (Guatemala) remporte le WBC, le #2 est également du Mexique!
Je me plais à comparer le WBC au championnat mondial de hockey. C’est comme si les Éthiopiens avaient appris à patiner avant nous, avaient dominé la compétition, et nous Canadiens, nous nous étions rendu compte qu’on savait patiner aussi, on habite sur la glace! Et après un peu d’entrainement, on reprend la place qui nous est dû.
Pour moi, il est tout naturel de voir une domination des pays producteurs de café. C’est comme leur sport national, ils sont nés là-dedans!
La nature même du développement de l’industrie du café, de produit de commodité importé à très bas prix par les multinationales, exportés et consommés dans les pays du Nord a créé une distortion au niveau de l’expertise des participants à la chaîne café. De simples agriculteurs, les producteurs participent maintenant plus activement à reprendre le contrôle de la chaîne café en la valorisant. On peut aussi inclure dans ces actions le Cup of Excellence.
On ne peut que s’en réjouir et voir ce développement avec humilité. Peu importe mes connaissances, il ne poussera jamais de café chez nous. Je suis confiné à un rôle d’acheteur, demeurant dans l’ignorance d’une des parties majeures de la production de café, l’agriculture. C’est ce qui initiera la 4e vague de la business café.
Si on veut apprendre à jouer au hockey, on vient au Canada. Si on veut apprendre à faire du café, on va au Guatemala!

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