FRA | ENG 0 items

Bons cafés à bons prix

Publié par Dany Marquis le



Il y a beaucoup de joueurs dans l’industrie du café, et quand vient le temps de parler café, tout le monde prétend faire de la qualité.  Chacun est libre de dire ce qu’il veut, et surtout de croire qui il veut, mais de mon point de vue, cela pose un problème au niveau du langage.  Car dans le café, le concept de qualité existe.  C’est un produit de terroir, comme le vin, et ça devient difficile de s’y retrouver pour les consommateurs.  Et même pour nous qui œuvrons en tant que professionnels, lorsque vient le temps de décrire un café, c’est trop facile de dire que tout est du haut-de-gamme, du top qualité, gourmet, et d’y ajouter des certifications qui n’ont rien à voir avec ce que vous allez goûter lorsque le café sera dans votre tasse.  Les grandes marques travaillent fort pour aplanir les niveaux de qualité.  Et le combat pour classer tous les cafés comme un produit de commodité n’est pas terminé.   Et dans cet univers où tout le monde dit faire du café extraordinaire, comment communiquer qu’il y a, d’un côté de la piquette vendue comme du champagne, et de l’autre des grands crus réellement extraordinaires.  Et surtout, et c’est ce que je voulais aborder, comment expliquer ceux qui se retrouvent entre ces deux pôles?

C’est ce que nous essayons de faire avec nos trois collections de café (Classique, Prestige et Réserve Sélecte).  

Et je crois que c’est important d’en discuter, car j’ai reçu plusieurs commentaires qui tournaient autour de ce sujet dans les dernières semaines.  Des questions autour du prix des cafés, des clients déçus de certains torréfacteurs vendant trop cher ou étant incapables de justifier le prix d’un sac de 300g à plus de 20$.  De plus, le concept de microlot, en nommant le nom de la ferme, ne justifie pas de vendre un café à un prix supérieur, surtout si celui-ci a été payé au prix d’un café régulier.  Que le torréfacteur nous montre la facture d’achat et les manifestes d’importation si c’est vraiment de l’achat direct et un grand cru.

Bien sûr, on pourra parler du profil aromatique.  Mais encore là, il y a beaucoup d’exagération.  C’est comme avec le vin, où certains sommeliers nous assomment avec des descriptions très vendeuses, parfois frôlant le mysticisme.  On s’y perd facilement.

Je me souviens avoir entendu une chronique à Radio-Canada de la sommelière Elyse Lambert.  Elle parlait de la difficulté de trouver de bons vins à petit prix.  Des vins qui seront abordables, qui représenteront l’identité de leur région d’origine et leur cépage.  Pour elle, trouver de grands vins est facile.  J’ai même retrouvé l’extrait si vous voulez l’entendre. 

Chronique Élyse Lambert

Eh bien, c’est exactement où je me situe aujourd’hui.  On est encore inscrit pour l’année aux enchères du Cup of Excellence.  On baigne dans les grands crus, les excellents cafés et on sait reconnaître un mauvais café.  Là où on peut améliorer notre offre est au niveau des cafés de qualité intermédiaire, un peu comme le mentionnait Elyse Lambert.  Si on va dans une SAQ, on pourra vous proposer un bon vin, à bon prix.  Rien pour épater la galerie et faire son frais sur un groupe Facebook de dégustation mais un bon rapport qualité/prix, honnête et satisfaisant.

Nous allons donc commencer à inclure dans la gamme classique des cafés de qualité respectable en quantité limitée.  Ces cafés suivront la même philosophie que ce que mentionnait la sommelière Elyse Lambert dans l’extrait.  On veut vous dénicher de bons cafés, à bon prix.  Comme on achèterait une bonne bouteille de vin en bas de 15$, on conservera les prix de ces cafés dans la zone fixée par notre gamme classique.

Pour les connaisseurs, nous organiserons les collections en fonction des notes de dégustation et du prix d’achat du café vert (additionné du transport et du taux de change).

Notes :

80 à 84 = Gamme Classique

84 à 86 = Gamme Prestige

87 et + = Gamme Réserve Sélecte

C’est notre travail de vous dénicher les meilleurs cafés selon ce qu’il y a de disponible, selon nos moyens financiers, les saisons, etc.  C’est un beau casse-tête, très stimulant pour nous.

On vous gardera au courant. 

Pour l’instant, on commence avec l’ajout d’un grain d’Éthiopie, Lekempti.  C’est un naturel, séché au soleil avec la pulpe.  C’est un grade 5 de type longberry de la région du Wallagga (tout à l'Ouest de l’Éthiopie) .  Ce café s’apparente au Harrar, dans une version plus rustre, un peu comme ceux de Sumatra.  Avec une note de cupping de 82,9, on est loin des cup of excellence, mais comme je le mentionnais ci-dessus, c’est un café intéressant, typique de cette région et très caractéristique d’un naturel.  Vous le trouverez dans la gamme classique en quantité limitée.

Si vous aimez le Crema Special, le Bad Boy espresso, le Harrar et le sumatra, mettez la main là-dessus.  Je suggère fortement en espresso, surtout si vous avez une machine résidentielle.  Et en filtre si vous voulez expérimenter la force que peut avoir un café naturel.  C’est torréfié léger mais bien développé.  Vous n’y trouverez aucune acidité, un corps vraiment lourd, très cacao, cuir, épices, c’est racé, très charpenté.  C’est long, c’est bon malgré que ce soit un café plutôt brut.

Voilà, c’est parti avec le Lekempti d'Éthiopie!


1 commentaire


  • C’est toujours un réel plaisir que de lire tes articles. Ta passion se sent à même la lecture. Je te souhaite bon succès. Bonne idée pour nous que d’avoir accès à la gamme de café que tu nous offres.

    Benoit Despatis le

Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approvés avant d'être affichés