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Tout est dans le contexte et comment avoir le carpe diem dans le tapis

Publié par Dany Marquis le

Brulerie du quai lac aux américainsOn dit souvent que les pommes volées sont les meilleures.  Il en irait de même pour les baisers.  Je ne saurais trop dire, car je suis un gentleman.  Mais je dois avouer que le contexte accentue ou diminue la perception qu’on a d’un événement.  Ou dans le cas qui m’intéresse de l’expérience de dégustation. 

Pour vous mettre dans le contexte, j’ai eu un été assez mouvementé.  On a battu tous les records en termes d’achalandage de notre petit atelier et de vente en ligne.  Une chance qu’on s’aime et qu’on sait que la construction du nouvel atelier arrive bientôt. 
C’est donc une fois les touristes repartis dans leur chaumière que je peux enfin prendre un peu de temps.   Mais ne voyez pas là un signe d’apitoiements sur mon sort, car la Gaspésie, l’automne, c’est grandiose.  J’arrive donc d’un séjour dans le parc de la Gaspésie.  On a grimpé 3-4 montagnes d’une hauteur respectable, mis sur nos rétines des paysages extraordinaires tout en pensant qu’il y a de cela quelque temps, il y avait des glaciers entre ces gigantesques géants de pierre.  Mont Albert, Mont Jacques-Cartier, Mont Ernest-Laforce, vous demanderont des efforts à la montée, mais c’est comme dans toute aventure, la vue en haut est la plus belle des récompenses et le retour à la maison vous remplit le cœur de bonheur et de légèreté.   brulerie du quai montagneJ’en étais probablement à environ 900m d’altitude lorsque nous avons croisé un homme d’environ 70 ans.  J’étais essoufflé et mon dos tout trempé, lui semblait frais et dispo, mais j’ai essayé de faire comme si je l'étais aussi.  Je l’ai salué d’un bonjour joyeux.  Il m’a répondu « buonjouwwer ».  Oh, me suis-je dit, Oh! un anglophone.  Je lui ai alors parlé en français, prêt à l’éternel combat psychologique avec les anglos de Montréal pour savoir qui parlera le bilingue.   Lorsqu’il m’a dit venir de l’Oregon, j’ai passé à l’anglais avec plaisir.  Selon lui, le parc de la Gaspésie est un des plus beaux endroits au monde.  Il a voyagé beaucoup et à chaque fois qu’il vient, il en est ému.  Il m’a aussi dit que c’était peut-être la dernière fois qu’il venait.  Nos regards se sont croisés.  Je pense que j’ai compris.  Les enfants n’ont rien vu.  Je n’ai pas posé de question et lui ai dit qu’on avait une belle météo.  Il a pris une photo de nous avec mon kodak-téléphone et est reparti.  Il m’a pointé la fin du sentier en me demandant si c’était par là qu’il devait aller pour revenir, mais je ne savais pas, il m’a alors dit que même s’il se perdait ce n’était pas très grave.  Silence.  Hochement de tête.  Communication masculine.  De toute façon, c’était le bon chemin.  Mais c’est le genre de rencontre bizarre qui te boost le carpe diem dans le tapis.  Je me suis dit que ça devait être un cas de cancer ou quelque chose du genre.  Tout ça pour dire que ce fut vraiment une journée magnifique, et il ne ventait même pas au sommet.  Pas vu de caribou, mais un tétras du Canada, une genre de grosse perdrix pas très futé avec une tétine rouge sur la tête.  Les enfants disaient que c’était un roucoule… 

Après une nuit de pluie intense, bien à l’abri dans l’humidité et le froid de la tente, j’ai entamé le déjeuner.  Crêpe sarrasin à m’lasse.  C’est drôle comment la pluie accentue le vert.  Comme un vernis.  Le paysage était magnifique, avec la brume qui nous cachait lBrulerie du Quai Campinges montagnes tout autour.  J’ai fait du café, un sac de Rwanda Koakaka, torréfié il y a de cela 5 mois, moulu depuis je ne sais trop quand, beaucoup trop fin pour le percolateur que j’avais.  On est parti vite, oublié le café…  Et c’est le sac qui avait dans les boîtes de notre dernière excursion, probablement moulu pour V60.  J’ai fait de mon mieux, dosé à l’œil et mis le perco sur le feu.  Normalement, tous les paramètres étaient réunis pour avoir une tasse décevante.  Le perco avait même débordé un peu et mis du café moulu dans la carafe qu’on a filtré avec un linge à vaisselle.  Et bien allez savoir si c’est, grâce à mon expertise, ou par un heureux hasard, ou à cause du contexte, mais  j’ai réussi à en sortir une tasse buvable, j’oserais même dire un des meilleurs cafés que j’ai eus dernièrement. 

On voyait que le soleil luttait pour sortir des nuages, les gouttes tombaient des feuilles vertes et luisantes.  Les enfants essayaient d’allumer le feu en vain, je mangeais mes crêpes au sarrasin, je lisais Le Devoir et je buvais mon café.  Et il était vraiment bon. 


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